mardi 12 novembre 2013

Genre: Chick-lit.

Le théorème de Cupidon, Agnès Abécassis.

Résumé:

Théorème de Cupidon (déf.): deux lignes parallèles qui ne se croisent jamais. Sauf si elles sont fait l'une pour l'autre.
Adélaïde est exubérante, directe, rigolote, mais elle fuit les histoires d'amour. Philéas est timide, maladroit, sérieux, et ne pense qu'à conclure.
Ils ont le même âge, travaillent tous les deux dans le cinéma, pourtant ils ne se connaissent pas. Enfin, c'est ce qu'ils croient...


Mon avis, 12/20.

Après ma déception avec Sous les mains sanglantes, un livre de Chick-lit tombait bien, histoire de m'aérer l'esprit et me faire penser à autre chose. Malheureusement, après un début qui m'a enchantée, je me suis rapidement ennuyée.
Le bon point, c'est que c'est un roman qui se lit vite. Mais plus j'ai avancé, plus j'ai trouvé les personnages grotesques, l'humour à côté de la plaque (je n'ai apparemment pas le même sens de l'humour), et l'intrigue presque inexistante, je ne m'attendais pas à ça.

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En bref:
Les -: L'immaturité des personnages, l'humour qui n'est pas le mien, la fin qui n'est pas une fin.
Les +: La facilité et rapidité de lecture, le côté sans prise de tête.
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Philéas:
« Envahi par une brusque bouffée de désespoir, je fais un demi-tour sur moi-même, me retrouve face au mur, lève le poing, renonce à l'idée de le boxer, et termine mon tour complet en l'épargnant pour cette fois. 
Marre. Marre. Marre, quoi. Putain, ça ne m'était jamais arrivé auparavant, mais là, je sens que, oui hein, je sens monter en moi une furieuse envie de bouder.
- Je m'en fous ! Emilie vient de me planter pour demain, et je ne retournerai pas bosser tant que je n'aurai pas trouvé quelqu'un pour la remplacer.
Ruben regarde mes phalanges égratignées, puis l'endroit que je visais quelques secondes plus tôt.
- Et donc, l'idée, c'est de creuser dans les murs à main nue pour y trouver une nouvelle comédienne, c'est ça ? »

Je ne sais pas à quoi je m'attendais réellement, mais pas à ce que j'ai lu, ça, c'est sûr. Je crois que je désirais et pensais que ce serait une histoire accomplie, peaufinée. Mais j'ai l'impression qu'on m'a finalement coupée l'histoire en deux, et qu'il manque une partie. Ce n'est qu'un chassé-croisé entre les personnages, sans rencontres, sans affinités entre les deux, et sans cette répartie propre aux protagonistes de Chick-lit. Quand ils viennent enfin à se voir, c'est bref, trop court, et laisse un goût total d'inachevé puisque le dernier mot arrive au milieu de tout ça, sans crier gare. Une vraie déception pour cette fin inexistante et qui me laisse: « Ah, c'est tout ? Tout ça pour ça ? ».
Adélaïde est bien exubérante... ou plutôt survoltée. Elle a de l'énergie à revendre, beaucoup de sarcasme et de second degré. Elle est bien rigolote comme le promet le résumé, et cherche tout sauf à rencontrer l'homme de sa vie. Les hommes, elle les fuit. Quant à Philéas, il est plutôt du genre à fantasmer et à rêver de la femme idéale, et de prendre ses rêves pour des réalités. Il veut une femme, il veut être en couple, il ne cherche qu'à conclure. Tout semble les opposer, pourtant, il vont se croiser et se recroiser sans le savoir, sans savoir qu'ils sont malgré les apparences, totalement fait l'un pour l'autre.
Un début qui part franchement pas mal, plein d'humour et de dynamisme, avec une Adélaïde entraînante au possible et la langue acérée. J'ai cru d'emblée que ce livre me plairait. Dans les premiers chapitres, j'ai vraiment trouvé ce que j'aime dans la Chick-lit. Du sarcasme, des bonnes réparties, des personnages maladroits typique du genre, qui nous font sourire et attendrir. Puis ça s'arrête là. Malgré ses deux cent et quelques pages, j'ai trouvé que ça stagnait, ça n'avançait pas. Nous ne faisons que suivre Adélaïde et Philéas, chacun de leurs côtés, dans leurs déboires, leurs mésaventures, leurs fantasmes. J'ai été déçue de cette partie là, le roman n'évolue pas. Il reste sur cette « comédie à deux voix » jusqu'au bout.
L'autre point qui m'a dérangée, c'est cet humour qui part en vrille pour devenir niais, mièvre. Et ces personnages attachants au premier abord, qui se révèlent stéréotypées comme je le déteste. Il y a des passages que j'ai trouvé littéralement ennuyeux. Et j'ai souvent eu l'impression que l'auteure regardait les hommes d'un très mauvais œil: soit l'homme est un pervers à fantasmer h24 (et « c'est comme ça, c'est un homme ! »), soit c'est un soumis à sa femme, pas de juste milieu qui existe pourtant... Philéas qui m'a paru très sympa au départ m'a vite déçue de par son comportement, ses idées, et son envie de femmes à tout prix. C'est le loser à l'état pur et il est très immature du haut de sa trentaine. Et sur le côté immaturité, Adélaïde le rejoint. Je suis totalement pour le côté enfantin chez les adultes, mais là, trente ans passés, et j'ai eu l'impression d'avoir affaire à deux adolescents: un jeune homme qui découvre le sexe opposé, et une jeune femme qui se prend la tête pour des futilités.
Bref. Un roman de Chick-lit qui a mal tourné selon moi. Un résumé vendeur, un début prometteur, une suite et fin très loin de mes espérances et préférences. Un côté mièvre trop prononcé, une rencontre trop en retard. Un ressenti très mitigé. Je ne pense pas réitéré l'expérience avec l'auteure. Tant pis !

Adélaïde:
« L'oeil de mon cousin pétillait d'un éclat reconnaissable entre tous.
Oh non, il allait encore m'asséner ses théories foireuses consistant à convertir les sentiments en formules de maths. Je déteste quand il fait ça. Ma nullité en sciences est si légendaire qu'elle me donne l'impression de ne plus rien comprendre aux émotions quand c'est lui qui les reconstruit à sa sauce.
- Adélaïde, est-ce que tu as déjà entendu parler de l'axiome de l'amour ?
Je haussai les épaules.
- Évidemment. Très créatives, d'ailleurs, ces pubs de déodorants pour hommes.
Il continua sans s'offusquer. Sorte de savant fou-fou habitué à passer pour un illuminé aux yeux de son monde.
- L'axiome de l'amour est cette vérité-là: tout le monde a besoin d'aimer et d'être aimé. Même toi, gourdasse. »

Je le conseille à: Aux jeunes femmes fleurs bleus, qui aiment bien le romantisme, et qui ont l'humour qui convient à celui d'Agnès Abécassis. Sinon, passez votre chemin.

Prochaine lecture: La 5è vague, Rick Yancey.

tâches d'encre

  1. Il me semble que le film avec Louise Bourgoin "un heureux évènement" soit une adaptation d'un livre d'Abécassis. Et comme j'ai beaucoup aimé le film je me disais que je craquerai bien pour un de ces livres, en particulier celui que tu viens de lire xD

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  2. Ah bah après, essaie toujours :p Peut-être que ton avis sera en total désaccord avec le mien ! ^^

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  3. J'adore la chick lit mais là j'avoue que je vais te faire confiance hein =) Il me tentait mais ton avis me freine. Dans tous cas, j'adore ta photo !!

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