lundi 26 août 2013

Genre: Drame, historique.

La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier.

Résumé:

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...

Mon avis, 20/20.
Coup de 

Un livre que j'avais ajouté à ma wish-list sur un coup de tête en lisant les multiples bons avis et le résumé. Ce n'est habituellement pas le genre de roman qui peut me plaire, et plus sa présence dans mes souhaits livresques se prolongeaient, moins j'avais l'envie de l'acquérir.
Quelle sottise ! Quelqu'un me l'a prêtée, j'ai décidé de le lire d'emblée. J'ai été totalement charmée, emballée, intriguée. Les mots sont tellement faibles. Je ne sais pas exactement comme décrire mon sentiment premier mais mon cœur n'a cessé de faire des siennes, de faire des pirouettes, de se serrer. C'était simplement exquis.

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En bref:
Les -: /.
Les +: Griet et le ton de sa narration, la fascination qui règne tout le long du roman, l'effet curieusement addictif.
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« « Et maintenant, passons à l'étage. » Tanneke me devança pour grimper les marches raides, puis elle mit un doigt sur ses lèvres. Je la suivis en faisant le moins de bruit possible. Une fois là-haut, je regardai autour de moi et je remarquai la porte fermée. Derrière cette porte, c'était le silence, et ce silence, je le savais, c'était lui.
Je restai là, les yeux rivés à la porte, n'osant bouger de peur qu'elle ne s'ouvre et qu'il ne sorte.
Tanneke se pencha vers moi en murmurant:
« C'est ici que tu feras le ménage. » »

Comme certains le savent, La jeune fille à la perle est un tableau qui existe réellement (image de la couverture). Je ne me suis vraiment pas une grande intéressée de la peinture, de cette branche de l'art. Je n'y connais rien aux peintres, à leur travail, leur concentration. Donc c'est vraiment le fruit du hasard si je me suis dirigée vers ce roman. Ça ne m'est jamais venue à l'idée en voyant le tableau de me demander qui pouvait bien être cette fille, que pouvait renfermer son histoire, que pouvait-il bien se cacher derrière ce regard étrange, mi-réservé mi-fasciné. Une simple impulsion face à un très bon avis, et me voila embarquée. Les peintures me touchent peu... Pourtant le résumé ici m'a plu et attirée. Après avoir refermé ce livre, je regarde l'image du tableau différemment. Griet est pourtant fictive, mais l'auteure a réussi à créer un récit tellement captivant, qui colle parfaitement avec la jeune femme sur la toile, que je n'ai pas l'impression de voir une autre histoire que la sienne derrière son turban, sa douce beauté, et cet air envoûtant qu'elle affiche.
Griet a seize ans quand elle entre au service du peintre Vermeer et de sa famille. Ses parents s'appauvrissent après un accident de travail du père et la jeune fille se retrouve être leur seule source de revenus en tant que servante. Griet est donc plongée dans une demeure plus riche, une famille nettement plus nombreuse, et des caractères parfois très changeant. Son travail consiste avant tout à nettoyer l'atelier du peintre chaque matin avant son installation dans la pièce. Elle doit se montrer méticuleuse et ne laisser aucune trace de son passage. Douée d'une certaine intelligence, elle le comprend très vite et s'arme de patience et de ruse pour passer le ménage en toute discrétion. Le reste de ses journées sont rythmés par les courses, le linge, les enfants, et les différentes femmes de la maisonnée. Le respect se gagne. Et chaque jour, Griet s'efforce de complaire la maîtresse des lieux: Maria Thins, sa fille et épouse de Vermeer: Catharina, et la gouvernante: Tanneke. 
Griet a été d'une compagnie très agréable. Et je pèse mes mots. Je me suis attachée à elle au point où quand je croise le regard de la jeune fille à la perle sur la couverture du livre, j'ai vraiment du mal à me dire que le roman ne contient qu'une fiction et que cette femme sur le tableau n'avait peut-être rien à voir avec elle. Griet m'a ravie, plu, captivée. Elle est jeune et sensible, réfléchie, mais ne manque pourtant pas de caractère. Le ton qu'elle emploie pour sa narration est doux. C'est ce qui m'a le plus emportée. Elle choisit ses mots et les vit. On se rend très vite compte que Griet est intéressé par le travail du peintre, et le peintre lui-même, allant jusqu'à observer ses toiles pendant son ménage, les analyser, et parfois jusqu'à lui poser quelques questions.
Le lien entre Griet et Vermeer est quasi-instantané, lors de leur première rencontre, elle attise sa curiosité en ayant simplement rangé ses légumes par couleurs. Inconsciemment, elle lui montre qu'une part en elle appartient à ce monde, celui de l'art. Mais une fois enrôlée dans sa maison, il se passe un long moment avant que tout deux ne se côtoient. Le peintre est comme une ombre qui déambule chez lui et qui reste cloîtrée à l'étage. Elle le voit peu, ne lui parle pas, mais pourtant sa présence, le savoir sous le même toit, la marque. Ses tableaux en progression qu'elle observe dans son atelier l'amène à faire attention à lui et à ses moindres faits et gestes. Mais elle sait qu'il est là, elle le ressent. C'est en ça que l'histoire est si intéressante en elle-même. Tout tourne autour de la fascination. Griet est fascinée par lui, par son existence. Il n'y a que lui dans cette maison dont elle se sent proche, il n'y a que ses tâches dans l'atelier qui lui plaisent. Elle l'appelle toujours « Il », jamais par son nom. Comme si il était au dessus de tout, différent. C'est toujours: « Il était là », « je l'ai vu », « c'était lui ». Il reste une entité insaisissable qui l'obnubile et la charme.
Et moi, face à ça, j'ai fini par être charmée aussi. Rapidement, la fascination de Griet et la mienne n'ont fait plus qu'une. La jeune fille est toujours en quelque sorte en attente, et je l'ai accompagnée. Je n'ai cessé de vouloir qu'il apparaisse dans le récit, je n'ai cessé de vouloir assister à leurs échanges, je n'ai cessé de vouloir qu'il parle, tout comme Griet, derrière ses apparences calmes, ne cessait de vouloir se trouver sur son chemin. Ce qui explique mon coup de cœur, c'est cette aisance que j'ai eu à m'attacher à notre héroïne et à la comprendre, à ne faire parfois plus qu'une avec elle. J'ai beaucoup ressenti à travers ce roman. Ses émotions étaient les miennes, même les plus imperceptibles, celles que l'on devine. Il y a tension incroyable, sur laquelle je ne peux poser de mots, entre Griet et Vermeer. Artistique ? Pas seulement. Sensuelle ? Peut-être, je ne crois pas. Amoureuse ? Allez savoir. Mais il y a quelque chose de fort et de réciproque, qui m'a touchée et chamboulée. Un non-dit très présent qui accentue indéniablement ce que j'ai ressenti. 
Ce roman laisse quelque part place à une certaine imagination. Au fond, tout comme le tableau original. Emprunt de douceur et de sensibilité, La jeune fille a la perle s'est révélé être une excellente lecture. C'est vraiment un livre qui laisse et laissera une trace indélébile en moi. Et comme l'exemplaire n'est pas à moi, je sais qu'une fois que je l'aurais rendu, je courrai en librairie l'acheter et le placerai bien en vue dans ma bibliothèque.

« « Baissez votre menton, dit-il. Et regardez en bas, ne me regardez pas moi. Oui, comme ça. Ne bougez pas. »
Il était assis à côté du chevalet. Il ne prit ni sa palette, ni son couteau, ni ses pinceaux, mais il resta là, les mains sur les genoux, à regarder.
Je rougis. Je ne m'étais pas rendue compte qu'il me fixerait avec une telle intensité. »

Je le conseille à: Il ne suffit pas d'être intéressé par la peinture pour être intéressé par La jeune fille à la perle. C'est vraiment un très bon livre à découvrir. Je le conseille donc à tout le monde.

Prochaine lecture: Il était une fois, tome 2: La belle et la bête, Eloïsa James.

tâches d'encre

  1. J'ai vu le film (que j'ai adoré) mais pas lu le livre.... mais ça me donne envie d'y remédier =)

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  2. Laisse-toi tenter :)
    Moi, il faut que je vois le film !

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  3. J'ai beaucoup entendu parler de ce livre et ton avis me donne envie de le lire ! :)

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  4. J'espère que tu passeras un bon moment :)

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  5. Tu donnes envie de le lire ! Franchement j'ai bien envie de craquer mais en même temps c'est pas vraiment mon type de lecture ^^

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  6. Ce n'est pas mon type de lecture et j'ai adoré :) Parfois il y a des exceptions !

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  7. Bon bin je vais le lire parce qu'il a l'air super cool ! Je le note dans mes livres à ramener de chez ma mère :D
    Ta chronique est fascinante en plus. Et puis j'ai vu le tableau il y a un moment je l'avais trouvé intriguant !

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  8. Si tu avais trouvé le tableau intriguant, alors je pense que le livre peut te plaire :)

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  9. Quelle belle chronique pour un fabuleux livre ! Je retrouve tout à fait les impressions que j'ai eues en le lisant : fascination devant tant de beauté et de délicatesse. C'est un livre qui est resté gravé en moi également, et c'est vrai que l'on regarde le tableau différemment après !
    Pour ma part, j'ai tellement aimé le livre que j'hésite à voir le film, d'autant plus que je n'imaginais pas DU TOUT Colin Firth incarner Vermeer... A voir !

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  10. Une lecture du lycée que j'avais vraiment bien aimé! Je reviendrai avec plaisir sur ton blog, il est très beau. Je t'ai taguée sur le mien http://crisbooks.blogspace.fr/7235223/Tag-Liebster-award/ mais tu n'es pas obligée de suivre ;)

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